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La vie sans Google, tu essayes Qwant ?

SearchQwant - copie

Qwant, le moteur de recherche français qui respecte les données personnelles de l’utilisateur, ça vous parle ? Part de marché Europe : dans les 4 % quand Google monopolise 91 % des recherches en France. Ambition du challenger : arriver à 10 %, ce qui deviendrait symboliquement significatif.

L’envie me prend. Et si je changeais de moteur de recherche en mettant par défaut celui du super outsider underground ? Puisque 9 français sur 10 ont la même réponse à une question quand ils consultent internet, pourquoi ne pas être ce 1 qui découvre presque la même chose mais à travers un autre prisme ?

Quitter Google paraît un changement de vie radical, ambiance, je déménage, deviens vegan et me rase la tête la même semaine. Dans la réalité, ça prend 18 secondes, je rentre dans mes préférences au démarrage le mot Qwant qui n’est pas encore dans la liste prédéfinie des moteurs de recherche, malgré un partenariat autour de valeurs communes avec Mozilla. Et là, ma vie bascule, je commence à surfer avec d’autre codes qui stimulent, challengent, renouvellent la navigation.

Retour d’expérience, cinq points d’attention après un mois de « recherche Qwantique » :

Le profilage des GAFA nous maintient dans une bulle de confort mental.

Dans une étude de l’allemand Cliqz : sur un échantillon de 440 millions de pages web, le tracker Google Analytics est présent sur 48 % des contenus. Non seulement Google engrange une masse considérable de données sur ses utilisateurs mais en plus, il traque sur les autres sites des informations de navigation, d’usage, à raccorder à ses sources en réconciliant les adresses IP. Sa filiale You Tube, désormais médiathèque référence du monde, complète la suprématie irréversible du groupe Alphabet sur ceux qui l’utilisent, notamment beaucoup d’européens, mais pas les russes ni les chinois.

Nous sommes tellement traqués, profilés que les algorithmes en sont à prédire le clic d’après et à parier sur ce que vous allez vouloir.

Sur Qwant, sans doute le manque d’habitude, je me sens plus alerte, plus dynamique, avec davantage de réflexion. Tout n’est pas prémâché, prêt à l’emploi, évident, en l’absence de profilage utilisateur. Il reste du dialogue avec la machine, et ça, ça me plaît.

Qualité des réponses d’un outil devenu notre prothèse mémoire.

Les chercheurs en neurosciences ont constaté que les moteurs de recherche ont changé notre style cognitif. L’outil est intégré dans nos vies comme une prothèse mémoire. Aujourd’hui, à force d’usage, l’internaute est devenu plus avisé, plus précis dans ses demandes en anticipant davantage la réponse qu’il attend, il donne des indications pour mieux se faire comprendre du moteur. Avec des questions plus fines, plus claires, le moteur a moins besoin de décrypter, de déceler les erreurs et d’orienter. Dans la pratique aujourd’hui, une grande majorité des demandes concernent une vérification, l’accès à un site, la restitution d’un fait précis. Finalement, on sait ce qu’on cherche et dans ces cas-là, aucune ambiguïté, Qwant apporte la réponse qui va bien, comme sur Google.

Après quelques tests rapides de comparaison sur des sujets divers, il n’y a pas de grandes différences dans les réponses mais plutôt une ergonomie, un mode de recherche différents, et moins de résultats périphériques sur Qwant. C’est plus serré sur la demande.

L’agilité, c’est aussi essayer plusieurs modes de navigation.

Page d’accueil épurée et vitesse de réponse assez semblables, le changement réside principalement dans le mode d’affichage des résultats. Un menu à gauche, une répartition en colonnes permettant de distinguer plus facilement l’information générale de l’actualité et pas de pub. On se fait très vite au design de Qwant… et à l’absence de pub.

Pour les images aussi, le mode de surf demande quelques variantes mais c’est minime.

Penser « out of the box » est une préoccupation récurrente aujourd’hui dans les entreprises, les organisations ! Un bon exercice est de se donner des petits challenges au quotidien, qui font percuter le cerveau différemment dans des situations anodines. Comme avec des lunettes de soleil, l’image est la même mais avec un filtre de couleur qui souligne les formes et les contrastes d’une autre façon et nous fait voir le paysage autrement. Vu le temps qu’on passe sur notre recherche motorisée, c’est intéressant de tester plusieurs solutions pour éviter l’hypnose du flux continu pré-formaté.

Sur ce principe, j’ai aussi enregistré l’anglais comme langue par défaut dans mon téléphone, histoire de me familiariser au quotidien avec des mots génériques du digital en anglais. C’est simple et ça marche.

C’est où ?

Pour les cartes, Eric Leandri, CEO Qwant, m’a assuré la semaine dernière sur Viva Tech que le mapping était une de ses priorités et que les prochaines fonctionnalités du moteur allaient améliorer cette partie cruciale. Dans mes premières recherches qwantiques, j’avais été frustré, ayant l’habitude des cartes temps réel et permanentes de tous les endroits de la planète proposées par Google Earth, Street view…

Redécouverte de Mappy et Via Michelin avec là encore, un autre mode d’accès à un même résultat dans la majorité des cas.

Comme il y a de plus en plus de cartes intégrées aux sites, on a moins besoin de la chercher soi-même.

Faire fonctionner son cerveau permet d’entretenir un sens de la géographie et des repères dans l’espace. Important à l’heure où on s’en remet à 100 % au mapping numérique.

Et en 2020, demain, Galileo sera pleinement opérationnel !

Pour réussir la révolution numérique, un mix entre US import et Do It Yourself.

En Europe, nous sommes passés à côté de la première génération internet. La France a d’ailleurs raté une marche importante et c’est dommage. Tout le travail fait sur le Minitel aurait dû être projeté sur l’Internet pour anticiper les services et les plateformes à valeur ajoutée. Nous sommes restés sur une rupture de deux technologies différentes en repartant à zéro sans miser sur la connaissance marché, décryptée avant tout le monde. Les carences commerciales de la France ! Il y en a un qui a tout compris en faisant la passerelle. Il s’est dit : Feel Free ! On voit où il est aujourd’hui.

La deuxième génération arrive avec plus de données collectives pour nourrir l’IA, davantage de sites au service du vivre ensemble, de la participation citoyenne, des marchés de niches plus spécifiques après le grand public massif des Gafa. Une importance accrue de la réalité augmentée/virtuelle pour les grandes industries, le luxe, le tourisme, la culture, des secteurs solides en Europe. Sur certains domaines, une redistribution des cartes peut surprendre et bouleverser le marché actuel. Les dix prochaines années se façonnent aujourd’hui. Nous allons vers un écosystème sur lequel l’Europe a non seulement une vision propre mais aussi des modèles caractéristiques qui peuvent s’exporter. On en arrive à l’état d’esprit social de l’Europe. Quels sont ses symboles ? La Fête de la Musique est célébrée dans une centaine de Pays, les Journées du Patrimoine sont devenues européennes tout comme la Fête des voisins, la Nuit Blanche, Paris Plages, la Nuit des Musées, … Un art de vivre mixant culture, vie sociale et plaisir. Un modèle de société qui nous est cher mais qui est challengé par d’autres modèles. L’instauration du RGPD marque la première étape d’une approche fondamentalement européenne du numérique. Tant mieux. Il faut continuer.

Adopter Qwant, pour moi, c’est encourager un écosystème, à l’image du récent partenariat avec Kuzzle. Sans faire du protectionnisme de pacotille, c’est me dire : Oui, j’ai envie que mon pays ait des gazelles et des licornes, oui je suis fier de la French Tech, oui nos entrepreneurs et nos jeunes peuvent rêver le monde !

Alors, passer une journée sans Google, tu essayes Qwant ?

 

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